Encore largement inspiré de son homologue italien, le miroir Louis XIII demeure rare à cause de sa fragilité et de son coût de fabrication. Malgré leur rareté, les miroirs apparaissent comme les derniers objets à la mode, ceux de Venise étant particulièrement recherchés.
La prépondérance des verriers de Murano s’explique sans peine lorsque l’on sais qu’ils détenaient des secrets de fabrication jalousement gardés. En effet, pour réussir un miroir il convenait non seulement de maîtriser le procédé de l’étamage, mais également de l’appliquer à une feuille de verre aussi blanche que possible pour conserver toutes les qualités d’éclat et de luminosité. Depuis la seconde moitié du XVe siècles, les verriers de Murano avaient su s’imposer comme des maîtres en la matière en fabriquant un verre limpide et blanc.
Les modèles de miroirs se caractérisent, par leur forme carrée, rectangulaire, voire octogonale, et leur glace aux bords parfois biseautés.
Les plus riches miroirs encadrés de larges et épaisses moulures en ébènes étaient ornés de plaques d’argent ou de cuivre doré à décor repoussé. On rencontrait également des miroirs en placage de noyer ou d’écaille.
Le miroir Louis XIV
Les miroirs demeurent plus que jamais des objets de luxe mais ils ne sont plus réservés au cabinet royaux comme c’était le cas au XVIe siècles.
La fondation de la Manufacture royale des Glaces sur l’emplacement de l’abbaye picarde de Saint-Gobain.
A la fin du XVIIe siècles, les deux tiers des foyers parisiens avaient pu acquérir un miroir qui passa ainsi de statut de « bijou » à celui d’objet de décoration .Une de ses utilisations les plus spectaculaires dans le domaine de l’architectures durant l’époque Louis XIV fut l’aménagement de la célèbre Galerie Des Glaces au château de Versailles.
On trouve à cet époque de petits modèles décorés de motifs en cuivre repoussé, généralement surmontés d’un fronton de forme triangulaire et quelquefois garnis de parecloses. L’encadrement est souvent réalisé en loupe voire en bois noirci.
Les grand miroirs Louis XIV à double encadrement en bois doré sont les plus spectaculaires. Les baguettes d’encadrement sont à décor à la Bérain et comporte des écoinçons ajourés.
Le miroir Régence
Le décor intérieure est conçu comme un ensemble intégrant cheminées lambris et glaces de trumeaux. On met désormais en avant le confort et l’intimité afin de rompre avec la solennité du règne de louis XIV.
Sous le Régence, les grandes glaces de trumeaux se rencontrent dans les pièces de réception. Les grand miroirs en bois dorés agrémentés de parecloses continuent de connaître un vif succès. Le modèle classique de la régence est encore mis en valeur par un fronton orné d’un spectaculaire cartouche mouvementé qui apparaît largement déployé. De ce motif principale part généralement un enchevêtrement de rinceaux et de guirlandes de fleurs.
Le miroir Louis XV
Les miroitiers du faubourg Saint-Antoine recevaient les verres des glaces fabriqués à Saint-Gobain qu’ils polissaient et recouvraient d’étain et de vif-argent, cette dernière opération constituant l’étamage. L’emploie du vif-argent, appelé aussi mercure’ était particulièrement nocif pour la santé des personnes qui le manipulait. Il faudra attendre le milieu des années 1850 pour qu’un certain Petit-Jean parvienne à remplacer l’étamage au mercure utilisé depuis le XV e siècles par l’étamage à l’argent.
Le règne de Louis XV marque la grande époque du trumeaux en bois sculpté et doré surmonté d’une toile à décor de scène galante dans le goût de Boucher. L’usage des parecloses subsiste toujours mais il tends à s’effacer au profit des bordures en bois doré et sculpté.
Témoignant d’une grande richesse, ces dernières se prêtent dans un premier temps à toutes les extravagances du style rocaille, l’asymétrie étant la règle.
Le style Louis XV s’assagit et opte pour le ornement plus symétrique avant d’évoluer vers le néoclassique apparut vers 1750 et qui mettra un vingtaine d’année à s’imposer.
Dans la catégorie des petits miroirs à poser, il convient d’accorder une place particulière aux miroirs de toilette ,qui, à l’époque Louis XV sont le plus souvent en bronze.
Le miroir Transition Louis XV- Louis XVI
Un goût nouveau apparaît dès les années 1750, prenant ses sources dans l’antiquités gréco-romaine. Le néoclassique qui revendique le triomphe de la ligne droite et des ornements « à la grecque » trouve son plein épanouissement avec le style Louis XVI. Aussi, à partir de 1760et durant une dizaine d’années environ, les arts décoratifs s’inscrivent-ils dans cette période répertoire classique caractérisant le futur style Louis XVI.
La forme des glaces en bois doré demeure encore chantournée, les ornements décoratifs témoignent d’une sensible évolution. Feuilles d’acanthes, chutes de lauriers, frise de postes, cannelures, nœuds de ruban, vases antiques ou pots a fleurs figure parmi les motifs les plus appréciés. De leur côtés, les modèles provençaux mettent en valeur un répertoire plus spécifique de pampres de vigne, de soupières et de bouquets de fleurs.
Le miroir Louis XVI et directoire
Les miroirs en bois doré Louis XVI se simplifient et deviennent rectilignes, l’encadrement se limitant parfois à une baguette bordée de perles ou de raie de cœur. Très diversifiés, les motifs du répertoire néoclassique triomphent durant cette époque, faisant apparaître des vases fleuris, des colombes, des trophées d’instruments de musiques, de jardinage ou de chasse.
Vers la fin du style, on voit se multiplier les miroirs ornés de fronton sculptés d’attributs militaires : casques, tambours, boucliers et drapeaux
Avec le Directoire, s’amorce la décadence des miroirs considérés jusqu’alors comme des luxueux objets décoratif. Les modèles de cette époque sont assez semblables à ceux de la période Louis XVI, si ce n’est que les lignes deviennent plus sobres et la décoration volontiers plus dépouillée.
Le miroir Empire
La psyché, inventée à la fin du XVIIIe siècles, prend la forme d’un grand miroir mobile supporté par deux montant verticaux, posé sur une base évidée ou sur des pieds parfois terminés en griffes de Lion.
Avec l’empire s’achève l’âge d’or des grands styles classiques français.
Le miroir Restauration et Charles X
Le développement de la Bourgeoisie sous la Restauration et le règne de Charles X donne un second souffle au miroir qui entre définitivement dans sa période industrielle.
Leurs encadrement apparaissent le plus souvent ornés de décors moulés.
Mélange de plâtre et de colle forte, le stuc permet de réaliser des ornements en un minimum de temps.
L’on se contente de reproduire le plus souvent des motifs empruntés aux styles précédents.
La dorure offre la particularité de présenter une double patine brillante et mate, le polissage du miroir se fait à l’agate.
Très raffinés, les miroirs Charles X demeurent rares.
Le miroir Louis-Philippe
Durant le règne Louis-Philippe, c’est un style bourgeois qui se développe, moins soucieux d’originalité que de confort. Le décor intérieure mélange de façon éclectique les styles les plus divers.
Les grands miroirs installés sur les cheminés viennent apporter un peu de clarté et de perspective dans les pièces a vivre.
Les modèles, de formes rectangulaire dépourvus de fronton, possèdent des angles arrondis dans leur partie supérieure. Dorés à la feuille et rehaussés de partie mat et brillantes, ces miroirs se signalent par leur sobre encadrement gravées, et à rang de perles.
Le miroir Napoléon III et fin de siècles
Le second empire marque une nouvelle avancée technique.
Les miroirs se signalent par leur ornementation exubérante. Le goût du pastiche s’empare des fabricants qui imitent avec succès tous les styles passés.
Ceux en stuc et bois doré renouent avec la tradition des miroirs à parecloses et témoignent d’une très belle qualité d’exécution.
Les plus spectaculaire et les plus typiques s’ornent de feuilles d’acanthe et de draperies. Des médaillons en verre gravé apparaissent parfois au fronton souvent encadré de vases.
La décoration du fronton à motif ajouré de panier fleuri rappelle les beaux modèles du XVIIIe siècle, la surcharge des motifs est très révélatrice de l’esprit Napoléon III.
Le miroir de cheminée connaît un grand succès jusqu’à la fin du siècle. Les biseaux anciens tailles à la main cèdent la place aux biseaux modernes apparut dès la moitiés du XIXe siècle. |